Kirby, Wix ou WordPress : comment je choisis l'outil pour un site sur-mesure
Quand on me contacte pour un site, on me demande souvent sur quel outil je travaille. Je réponds presque toujours par une autre question : qu'est-ce que vous attendez de ce site ? Selon la réponse, l'outil s'impose assez vite. Voici comment je raisonne, après avoir fait des sites depuis 2008, et sur Kirby depuis 2015.
« On ne pourrait pas faire ça sous Wix ? » « Pourquoi pas WordPress, tout le monde l'utilise ? » Ce sont de bonnes questions, et je ne vais pas prétendre que ces outils sont mauvais. S'ils sont aussi populaires, ce n'est pas un hasard. Mais dès qu'on veut un site vraiment dessiné pour soi, on finit par se heurter à leurs limites.
Comment je travaille
Avant de parler technique, on pose les bases ensemble : à qui s'adresse le site, ce qu'il doit raconter, ce que vous attendez des visiteurs. C'est la partie la moins visible, mais c'est elle qui évite de refaire trois fois la page d'accueil.
Ensuite je dessine la maquette sur Figma, à partir de votre identité et de vos contenus. Je ne pars pas d'un thème existant.
Puis je développe le site sur Kirby, avec un back-office pensé pour vos contenus. Vous ne voyez que les champs dont vous avez besoin, et vous pouvez faire vos mises à jour sans formation.
Wix, simple au début, frustrant ensuite
Wix, c'est agréable les premiers jours. On glisse, on dépose, on a l'impression de tout maîtriser. Ça se gâte quand on veut sortir des cases : un espacement qui ne tombe pas juste, une animation un peu particulière, un comportement différent sur mobile. On y passe beaucoup plus de temps que prévu, et au final ça ressemble quand même à un site Wix.
Il y a aussi des limites qu'on ne voit pas tout de suite. Le code produit est lourd, on a peu de prise sur le référencement fin, et le jour où vous voulez partir, vos contenus ne vous suivent pas facilement.
Pour un site perso ou un lancement rapide, ça fait le travail. Pour un site qui doit porter une image de marque, je ne le recommande pas.
WordPress, très bien, mais souvent mal utilisé
WordPress fait tourner une énorme partie du web, et il existe d'excellents sites WordPress. Le problème vient plutôt de la façon dont on s'en sert.
La plupart des sites que je vois passer reposent sur un thème acheté (Divi, Avada…) ou un constructeur comme Elementor, avec une bonne quinzaine de plugins. Visuellement, tout finit par se ressembler : mêmes grilles, mêmes animations au scroll. Un développeur reconnaît souvent le thème au premier coup d'œil.
Côté technique, chaque plugin est une porte d'entrée de plus pour les robots qui scannent le web à la recherche de failles. Il faut tout mettre à jour régulièrement, et parfois une mise à jour en casse une autre. Quant au back-office, il devient vite chargé, surtout pour quelqu'un qui veut juste changer un texte.
Pour un gros média, un blog très alimenté ou certains projets e-commerce, WordPress a du sens. Pour un site vitrine ou un portfolio, c'est souvent beaucoup de machinerie pour pas grand-chose.
Pour le détail technique, voir mon comparatif Kirby CMS vs WordPress : 5 différences qui comptent.
Kirby, l'outil que j'utilise, et pourquoi
Kirby fonctionne sans base de données : le contenu est rangé dans de simples fichiers texte. Ça paraît anecdotique, mais ça change beaucoup de choses. Je versionne le site avec Git comme n'importe quel code, je le déploie en quelques secondes, et il y a nettement moins de points d'attaque qu'un WordPress chargé en plugins.
Le back-office, je le construis pour chaque projet. Sur class40.com par exemple, l'équipe gère les skippers, les courses et les bateaux, chacun avec ses propres champs, sans jamais voir ce qui ne la concerne pas.
Mais ce que j'apprécie le plus, c'est que le HTML final est celui que j'ai écrit, ni plus ni moins. Aucun plugin n'ajoute de code dans mon dos. C'est ce qui me permet de coller à une maquette au pixel près et de faire des animations GSAP fluides sans me battre contre l'outil.
Petit bonus, et pas des moindres : Kirby est un terrain de jeu idéal pour travailler avec une IA comme Claude Code. Le back-office, les templates et les contenus sont de simples fichiers, rangés au même endroit et reliés entre eux. L'IA a donc une vue d'ensemble du projet, et ça fait des merveilles : créer une nouvelle page avec son contenu, relire toutes les balises meta d'un site en une passe, ou traduire un site complet sans casser sa structure.
Et le budget ?
Un site sur Kirby coûte en général plus cher au départ qu'un WordPress monté sur un thème acheté. Autant le dire tout de suite. En revanche, il coûte moins cher à faire vivre : peu de mises à jour de sécurité, pas de plugin qui casse, et un design qui ne paraît pas daté au bout de deux ans, parce qu'il a été pensé pour vous et pas pour mille autres sites.
Si vous avez une identité forte et que votre site doit la porter, c'est là que Kirby prend tout son sens. Et si vous hésitez, parlons-en : je vous dirai franchement si c'est le bon choix pour votre projet, ou pas.
